Deuxième Dimanche de Pâques

Dimanche de la Miséricorde

Là où règne le repli sur soi, la Miséricorde décentre : elle envoie en mission 

Dimanche de la Miséricorde 400Pour méditer :

L’épisode se situe « le premier jour de la semaine ». Ce moment de rassemblement des premiers chrétiens était le lieu et le moment privilégié où le Seigneur manifestait sa présence.

Les apparitions ne sont pas une fin en soi, elles débouchent sur une mission : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie… Il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint, tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis. Tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus ». (Jn XX 21-23)

A travers le « de même que », les disciples sont envoyés pour prolonger l’action de Jésus. Il fait d’eux pour la première fois des « apôtres ».

C’est l’Esprit qui avait insufflé la vie en Adam, qui était descendu sur Jésus, qui donne aux disciples par sa puissance, la qualité d’ « apôtres ». Jésus, après son expérience de la mort, fait irruption parmi eux pour se manifester comme le maître de la Vie. Par l’Esprit, ils sont désormais tellement liés à Dieu, comme Jésus l’était à son Père, que leur pardon entraînera celui de Dieu. La miséricorde est déposée dans les mains de fragiles créatures ! Elle en est presque conditionnée. La miséricorde devient donc la source et le but de la Mission d’envoi.

Les disciples ont été les premiers à bénéficier de la miséricorde du Seigneur (durant les trois années vécues aux côtés de Jésus jusqu’à sa mort et sa résurrection). Jésus leur fait pleine confiance : à travers eux la miséricorde peut être dispensée dans l’humanité. Cette mission n’est donc pas tant un « pouvoir » distribué aux apôtres qu’une invitation à accueillir avec responsabilité la Miséricorde de Dieu dans leur vie pour pouvoir ensuite la déverser sur leurs frères. C’est dans la mesure où les apôtres se convertissent à la Miséricorde que le pardon de Dieu rejoindra l’humanité !

L’envoie est donc une deuxième étape dans le cheminement de la foi : il conduit à l’accueil de Jésus comme Christ ressuscité. Certains ont du mal à accepter cette réalité même face au témoignage des Douze. Thomas sera le dernier dans ce cheminement. Il veut « voir et toucher » pour être sûr qu’il s’agit bien du même Jésus crucifié.

« Jésus dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-là dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant ». (Jn XX 27)

Thomas avait invité les disciples à accompagner Jésus dans sa mort (Jn XI 16) et pourtant il n’est pas disposé à les accompagner dans leur foi en la résurrection.

Jésus ne tient pas rigueur à Thomas de son incohérence, ni de ses réticences à adhérer à la résurrection. Il condescend à son désir de toucher ses plaies : ces marques qui démontrent la continuité entre le Jésus crucifié et le Jésus glorifié. L’élévation sur la croix constitue la révélation suprême de l’amour du Père et la glorification du Fils. Thomas réalise toute la portée de ce qu’il voit et touche, et donne à Jésus le titre le plus grand de tout l’évangile : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

Peut-être appartenons-nous à cette catégorie de croyants très rationnels toujours en quête de preuves. Le cheminement est lent et un peu tourmenté. Mais à l’heure de l’expérience tangible de la révélation, lorsque la rencontre avec le Christ satisfait la raison, alors c’est tout l’être qui se plie devant l’ampleur du mystère accepté . Il devient désormais l’objet de toutes les recherches de la vie. Jésus accompagne également sur ce chemin, mais il n’oublie pas de rassurer les croyants qui accueillent le témoignage des apôtres sans avoir vu : ils sont « bienheureux ». Adhérer au Christ sans avoir « vu et touché », mais en faisant au quotidien l’expérience de cette présence inégalable, demeure la condition du croyant.

Pour rendre grâce :

Je te remercie Seigneur pour le don de tes « apôtres ». Donne-leur toujours d’expérimenter la tendresse de ta miséricorde au cœur même des difficultés qui jalonnent leur ministère sacerdotal. Qu’ils soient les premiers témoins de ta miséricorde auprès de chaque homme qui demande ton pardon.

Je te remercie pour le don de la foi. Donne-moi une foi simple, qui ne voit pas ni ne touche ton corps ressuscité, mais qui sait rencontrer ta présence miséricordieuse dans l’Eucharistie et chacun de mes frères.

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