Mercredi de Pâques

Où règne la déception, la Miséricorde réanime l'espérance

Pour méditer :

Mercredi de Paques 2016 400Un autre aspect de la souffrance des disciples après la mort de Jésus est la déception. C’est également un sentiment que chacun d’entre nous a éprouvé plus ou moins douloureusement une fois dans sa vie.

« Tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha… Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël ! … Il leur dit alors : « comme votre cœur est lent à croire… Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »  (Lc XXIV 15,21, 25-26)

Dans cet épisode des disciples d’Emmaüs, nous nous situons un certain nombre de jours après la mort de Jésus. Les images choquantes de sa mort sont encore gravées dans les esprits, la souffrance causée par ce départ inattendu est encore vivante, mais ce qui domine désormais, c’est la déception !

Les espoirs que tout bon Juif mettait dans le Messie sont ensevelis avec Jésus. Il a manqué à sa mission : il n’a pas délivré Israël !

Que dire de mes propres attentes transformées en prière ? Ces prières adressées au Sauveur manifestent tout mon espoir de résoudre définitivement mes problèmes : la santé de mon enfant, du travail pour mon ami, l’harmonie en famille, la paix dans le monde… Je dois bien l’avouer : à chacune de mes prières « non exaucées » une goutte d’amertume s’est glissée dans mon cœur, et de Jérusalem, je rebrousse chemin vers Emmaüs. Finalement, ce Messie est-il digne de ma confiance ?

Devant la déception des deux disciples, Jésus s’insurge avec un ton plein de reproche : quelle foi engourdie ! Cela nous rappelle son interpellation à Marie lors de son recouvrement au Temple. Lorsque la logique d’un comportement était bouleversée, lorsque les réponses déroutantes de Jésus s’offraient à Marie, elle, elle réagissait avec sa confiance : « elle conservait toutes ces choses dans son cœur en les méditant ». Elle ne rebroussait pas chemin, elle ne retirait pas sa confiance : elle croyait en sa Parole ! Une foi qui acceptait de regarder en face la réalité : un « Je ne comprends pas aujourd’hui », qui était largement dépassé par la confiance qu’elle avait dans la bonté et la vérité de Dieu.

Il s’agit donc d’accepter de ne pas tout voir, ni comprendre dans l’immédiat : c’est cela vivre de foi. Difficile dans une mentalité, dans un monde de l’immédiat !

Les disciples ont oublié les paroles de Jésus, ils vivent perdus dans un présent qui n’a désormais qu’une tonalité : celle de la déception. Leur mémoire ne peut faire revenir à l’esprit des annonces ou des promesses de résurrection, car le cœur n’a pas conservé et médité ni le « beau », ni le « mystère » du message qui leur avait été donné à profusion.

La résurrection, c’est aussi faire resurgir la source des paroles d’espoir enfouies au fond de nous. C’est savoir au temps de la joie accumuler des images de bonheur, des paroles positives, des promesses, pour les coller comme un morceau de puzzle à côté des morceaux de doute, de souffrance inattendue ou incomprise.

Accueillir le positif de toute situation avant de laisser la dimension négative en moi, n’est-ce pas à cette démarche que je suis appelé ? Accueillir le beau et le bien et sélectionner le mauvais et le laid pour le considérer en le confiant au Seigneur. Un jour il m’en donnera une clef de lecture, voilà la démarche de résurrection à laquelle je suis invité. Peut-être des expériences vues comme négatives donneront-elles à ma vie des couleurs qui me feront grandir et même ressusciter à une dimension nouvelle. La confiance en Dieu m’apprend à accueillir les évènements de la vie sans m’assombrir, me blesser ou me déprimer. Elle est un don de la miséricorde du Seigneur car elle est un moyen de résurrection.

Pour rendre grâce :

Pour la capacité de confiance donnée à l’homme, merci Seigneur !

Merci pour la foi en toi et la foi en la bonté enfouie dans le cœur de chacun de mes frères, car créé à ton image.

Oriente mon cœur pour qu’il accueille le beau et le bien et qu’il apprenne à te confier le laid et le mal, en vue d’une résurrection.

Méditation du mardi de Pâques →Méditation du jeudi de Pâques