Samedi de Pâques

Là où règne la tristesse, la Miséricorde donne rendez-vous

Samedi de Paques 2016 400Pour méditer :

Avec les disciples au lendemain de Pâques, nous sommes invités à rencontrer Jésus vivant au cœur de notre quotidien. Un regret fleurit alors dans notre esprit : « j’aimerais bien le rencontrer dans la lecture ou la prière, mais je n’ai pas le temps. Je suis au bureau toute la journée ou bien, la routine ménagère et familiale envahit toutes mes heures ». Dans ces conditions, je ne pense pas pouvoir le rencontrer… et pourtant le désir de cette recherche existe dans mon cœur comme dans celui des disciples.

« Vous cherchez Jésus le Crucifié ? Il est ressuscité, il n’est pas ici ! … Il vous précède en Galilée… Là, vous le verrez ! » (Mc XVI 6-7)

Rencontrer le Seigneur, savourer sa Miséricorde, c’est à cela que notre cœur aspire.

Il y aspire le plus souvent au creux de la souffrance, lorsqu’une blessure du cœur (pour une raison ou une autre) se ravive soudainement. Alors nous scrutons le fond de notre douleur dans l’espoir d’y trouver le visage du Christ. Mais, s’il est bien passé par le bois de la Croix, dans l’expérience où tout son être (corps, psychisme et esprit) est ébranlé par la souffrance humaine extrême (celle qui conduit à la mort), pourtant « il n’est plus ici », nous dit l’évangile : « il est ressuscité » !

Il est présent dans cette Vie nouvelle qui engendre la Vie dans nos vies, la résurrection dans nos blessures, cette résurrection qui nous aide à dépasser, à transcender nos souffrances pour « aller vers »… Vers quoi ? Vers qui ? « En Galilée », nous dit l’évangile !

La Galilée était le milieu type du brassage entre Juifs et païens, c’était le lieu symbolique de l’ouverture au monde entier.

Il n’est pas dit aux femmes et aux disciples d’aller se renfermer dans le Cénacle pour trouver un réconfort dans la compréhension mutuelle d’une douleur engendrée par un amour déçu. La déception s’évanouira à la vue du Christ ressuscité. Revoir son visage apaisera toute souffrance… Mais pour cela, il faut se rendre au « Rendez-vous » ! Un rendez-vous étrange, qui décentre de sa propre histoire, de l’actualité même de la souffrance : il faut partir, « aller vers »… Le lieu est celui de la rencontre avec un monde où les idées sont brassées, où notre cheminement spirituel est méconnu, voire rejeté. Cet « aller vers » se résumera donc en un comportement qui manifeste par les gestes et les paroles le désir de s’approcher, d’écouter avec bienveillance, d’entrer en dialogue, pour partager ensemble, pour un instant, un bout de chemin…

Et c’est bien là, dans cette Galilée, qu’il nous précède ! Jésus nous précède dans le cœur de celui qui a besoin de recevoir sa Miséricorde et dans celui qui, « miséricordié », se sent poussé par l’Esprit à en témoigner. C’est au croisement du témoignage et de l’accueil de la Miséricorde que Dieu manifeste à l’homme sa présence, cette présence qui est toute tendresse, toute miséricorde.

Au volant de notre voiture, devant notre ordinateur ou nos fourneaux, ne nous sentons pas frustrés : le Christ nous a déjà précédés dans les lieux où nous nous trouvons. Il nous y a même donné rendez-vous : ce sont nos « Galilées » ! Ouvrons notre cœur au souffle de l’Esprit pour y percevoir la présence miséricordieuse du Seigneur, pour entendre ce qu’il nous suggère de dire ou de faire !

Pour rendre grâce :

Je te remercie Seigneur d’être présent dans tous les lieux les plus anodins de mon quotidien.

Donne-moi les yeux du cœur et de l’ouverture de l’intelligence pour percevoir les signes de cette présence qui égaye ma vie.

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