Bienheureux César de Bus, prêtre

Fils de Jean-Baptiste de Bus, consul de la ville, et d’Anne de la Marche, César de Bus naît le 3 février 1544 à Cavaillon. Sa piété et sa charité se manifestent dès son jeune âge. Après des études au collège des Jésuites d’Avignon (où il s’enrôle dans la confrérie des pénitents noirs et prend spécialement soin de la chapelle) et un engagement dans l’armée du Comte de Tende, il part rejoindre son frère à la cour de Charles IX en 1565. Malheureusement, il ne parvient pas à résister aux attraits des plaisirs de la vie mondaine. Il quitte Paris en 1568 et revient à Cavaillon puis à Avignon, où il continue de mener une existence frivole et dissipée.

En l’an jubilaire 1575, il se convertit après une rencontre intérieure avec Jésus crucifié et avec le soutien spirituel d’une humble servante et du sacristain de la cathédrale de Cavaillon. Dégoûté de la vie mondaine, il décide de se consacrer à Dieu. En août 1582, à l’âge de 38 ans, il est ordonné prêtre par Mgr Scotti, évêque de Cavaillon, dans la cathédrale. Chanoine de celle-ci, il quitte la maison paternelle pour se loger dans le cloître et se livrer à l’étude, à la méditation et aux privations, tout en visitant les malades, les pauvres et les malheureux. De 1586 à 1592, il vit en ermite à côté de la chapelle Saint-Jacques, sur la colline qui domine la ville.

Bienheureux César de BusLa lecture du catéchisme du Concile de Trente lui donne alors l’idée de créer une société de prêtres qui se feraient catéchistes, en particulier pour les gens sans instruction et les habitants des campagnes. Le 29 septembre 1592 il fonde à L’Isle sur la Sorgue la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrétienne avec l’approbation de Mgr Bordini, évêque de Cavaillon, puis celle du pape Clément VIII en 1598. Il l’installe à Avignon, dans le couvent de Sainte-Praxède, puis dans celui de Saint-Jean-Le-Vieux (sur l’actuelle place Pie). César de Bus vivait personnellement du Christ et voulait que les fidèles le connaissent pour en vivre eux aussi. Il eut à cœur de présenter en un langage intelligible la doctrine du Christ. A l’école des Pères Jésuites et de l’oratoire de saint Philippe de Néri, dès 1586, il se sent appelé à une méthode nouvelle pour enseigner les vérités de la foi à tous ceux qui se pressent autour de lui et plus particulièrement à ceux qui ne sont pas instruits, aux habitants des campagnes déchristianisées : “il vaut mieux prêcher Jésus-Christ dans les campagnes que se prêcher soi-même dans les villes”. “II faut que tout ce qui est en nous catéchise et que notre conduite fasse de nous un catéchisme vivant...”. “II faut pratiquer pour bien comprendre”. “Je voudrais que mon corps fut taillé en une infinité de petits morceaux s’il pouvait surgir de chacun d’eux un catéchisme”.

Élu supérieur général de sa congrégation, de graves épreuves de santé l’obligent bientôt à renoncer à cette charge. Devenu aveugle, il continue de prêcher et de confesser ; il répète souvent : « Je n’ai vu ni lu rien en comparaison de ce que Dieu m’a fait voir depuis mon aveuglement ». Il meurt le 15 avril 1607 à Avignon, au matin de Pâques, comme il l’avait prédit : “Ce sera pour moi doublement Pâques, c’est-à-dire le passage du Seigneur et le mien près de Lui”. Son corps est enseveli à Saint-Jean-le-Vieux puis, quand cette église est démolie en 1817, transféré à l’église voisine de Saint-Pierre jusqu’en 1836 où ses fils l’accueillent dans leur église romaine de Santa-Maria-in-Monticelli.

Constatant l’ignorance et le manque d’éducation ménagère de beaucoup de femmes, il avait fondé avec Françoise de Bermond, en 1594 à L’Isle sur la Sorgue, l’Institut des Filles de la Doctrine Chrétienne destiné à cette instruction mais qui ne continuera pas dans ce sens après sa mort.

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